Meurtre du jeune amar les enquêteurs progressent

L'enquête sur la mort d'Amar, tué d'un tir de chevrotines dimanche à Lyon 8e, progresse rapidement. Après le placement en garde à vue lundi matin d'un « témoin important », trois autres personnes ont été interpellées entre lundi soir et hier matin.
Ces quatre jeunes gens, placés en garde à vue dans les locaux de la brigade criminelle de la Sûreté, sont tous originaires du quartier des UC, à Bron-Parilly, non loin de Mermoz.
Un garçon de 16 ans, a été arrêté lundi en début de soirée. Et hier matin, deux autres protagonistes présumés de l'affaire ont été interpellés à leur tour.
Alors que le jeune homme arrêté lundi matin serait impliqué dans la violente bagarre qui a précédé d'une heure la fusillade mortelle, les trois autres sont interrogés sur leur participation à l'altercation qui a déclenché la surenchère de violences.
Dans un premier temps, en effet, les occupants d'une Renault Mégane se sont opposés à quelques jeunes gens de Mermoz. Le motif de l'accrochage est dérisoire au regard du dénouement. La jeune fille qui se trouvait dans la Mégane, dont elle est sortie pour aller acheter des cigarettes dans le bureau de tabac de la place Latarjet, a été visée par quelques apostrophes qui n'ont pas été du goût de ses amis.
Le ton est donc monté rapidement entre les occupants de la Mégane et quelques jeunes de Mermoz. Une heure plus tard, les occupants d'une Peugeot 306 sont arrivés pour en découdre et la bagarre a été violente. Des traces de sang, retrouvées dans la Peugeot, qui a été saisie lundi matin, attestent de blessures occasionnées par diverses armes de fortune, notamment des morceaux de bois et des pierres, eux aussi maculés de sang.
Selon toute vraisemblance, les quatre jeunes gens entendus depuis lundi ont assisté ou participé à ces deux premiers actes du drame. Mais qui sont les acteurs de l'épilogue sanglant ? Quand la Citroën, dans laquelle se trouvaient les tireurs, est arrivée place Latarjet, tout est allé très vite. La nuit tombait, ses occupants avaient le visage dissimulé par des cagoules ou des capuches. Certains d'entre eux avaient-ils déjà fait partie de la première ou de la seconde expédition de l'après-midi ? C'est l'une des questions-clés de l'enquête en cours.
Hier soir à Lyon, le ministre de l'Intérieur a indiqué que les enquêteurs disposent d'images filmées par « les moyens de vidéo-protection d'un immeuble social ».
Dans le quartier de Mermoz, le meurtre d'Amar laissera des traces. De nombreux enfants sont complètement traumatisés, et les parents atterrés. Car, outre l'émotion légitime suscitée par la mort absurde d'un enfant, les habitants craignent de voir leur quartier montré du doigt alors que, de l'avis général, il n'y a pas plus de problème qu'ailleurs.