L’auteur du coup mortel invoque la légitime défense

Hier, c’était le premier jour du procès devant la cour d’assises de Seine-et-Marne, à Melun, de Mustapha, 32 ans, directeur financier, accusé de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Le drame s’est déroulé le 27 janvier 2007 au club libertin l’Acanthus de Dammarie-les-Lys. A 2 h 15 survient une altercation entre Anthony et Mustapha. Ce dernier aurait donné un coup de poing sur le visage du jeune garçon, le faisant chuter au sol, puis un coup de pied à la tête. Anthony décédera quelques heures plus tard des suites de ses blessures.
Appelé à la barre hier soir, Mustapha a nié avoir donné le coup de pied à la tête. Et ce, malgré ses premières déclarations devant les policiers : « Au début, j’étais sur la piste de danse seul. J’ai descendu l’escalier et j’ai vu les deux jeunes filles avec qui j’étais venu passer la soirée. Elles m’ont dit avoir fait la connaissance d’Anthony et de son copain. Ils leur avaient raconté que c’était la première fois qu’ils venaient dans cette boîte. C’est là que j’ai dit Ils disent tous ça ! »
Mustapha mime à ce moment-là les gestes : « Anthony a lancé : Qu’est-ce que tu as toi, à mettre ma parole en doute.
Il m’a poussé violemment. Ma tête a heurté le mur. Mon verre est tombé. A ce moment, Clément s’est interposé. J’ai reçu un coup sur l’avant-bras. Il m’a insulté. J’ai alors lancé mon poing. Anthony est tombé sur la droite. J’ai chevauché son corps. Il faisait sombre. C’était de la légitime défense. »
Version que conteste radicalement Clément, qui accompagnait Anthony : « Quand le coup de poing est parti, je n’ai rien vu venir. Anthony était sonné. Il a essayé de se relever. J’étais penché au-dessus de lui. Mustapha lui a alors donné un coup de pied très violent, comme si on shootait dans un ballon. Il a même dit Tiens, ça t’apprendra.
L’agression a duré vingt secondes. Mon copain ne bougeait plus. Il était tout blanc et avait les lèvres violettes. » Pour expliquer sa blessure à un pied, Mustapha raconte : « Quand j’ai vu qu’Anthony ne se relevait pas, j’ai porté un coup de pied contre un poteau circulaire… pour me faire du mal ! »