Jacky a été massacré chez lui en pleine nuit

C'était bien un meurtre. Qui sait, même, si ce ne sont pas des assassins qui ont frappé, dans la nuit de dimanche à lundi, au domicile de Jacques Blanc, à Brens ? Le corps sans vie de cet homme de 62 ans avait été retrouvé lundi après-midi à son domicile du 4, chemin des Jexounes, au hameau de Lendrevié-Basse. Hier soir, alors qu'elle n'avait pas encore connaissance des résultats de l'autopsie en cours à Toulouse, la procureur Alix Chaumeton confirmait que « la victime a succombé à une mort extrêmement violente ».
C'est une scène de crime horrible que les gendarmes de la brigade de recherches de Gaillac, assistés des techniciens en identification criminelle d'Albi et de la section de recherches de Toulouse, ont découverte lundi matin. Jacky Blanc, plus connu sous le surnom de « Blancou », gisait dans le couloir de l'entrée, au milieu d'une mare de sang.
« Du sang, il y en avait jusqu'au plafond », raconte Jean-Claude Terrassié, encore tout retourné. Le 3e adjoint au maire de Brens, et président du club de rugby local, habite à Lendrevié-Basse. Lundi, c'est lui qu'un voisin de « Blancou » avait alerté. « Il m'a dit : c'est bizarre, d'habitude je vois les chèvres dans le pré et le chien, je ne l'ai pas vu dehors. On est allés faire le tour de la maison. Le chien aboyait à l'intérieur. On a remarqué que la fenêtre des toilettes était ouverte, alors, on a appelé Blancou. Personne n'a répondu. Le maire est arrivé. On a renouvelé nos appels, frappé encore à la porte, sans succès. Alors, on a téléphoné aux gendarmes. »
Hier matin, Jean-Claude Terrassié a dû accompagner les enquêteurs, en compagnie de son collègue élu Émile Anento, pour la perquisition du domicile. « On voit tout ce qu'il entreposait autour de chez lui mais dans la maison, c'était le même capharnaüm. » Détail curieux : la porte d'entrée était condamnée. Le propriétaire y avait amassé des cageots, des chaises et autres objets. « Il rentrait chez lui par la porte-fenêtre de derrière », précise l'élu brensol. C'est sur cette porte-fenêtre que les gednarmes ont posé les scellés. Jacky Blanc avait-il des raisons de se barricader chez lui ? On peut le penser.
Depuis quelques jours, il semble qu'il ait fait l'objet de menaces.
« Dimanche matin, vers 11 heures, il a tiré un coup de carabine en l'air », assure un voisin. D'autres ont entendu la déflagration. A-t-il voulu faire peur à des visiteurs indésirables ?
Une heure après, Jacques Blanc avait accouru à la station-service Leclerc, au parc d'activités des Xansos, se disant poursuivi. En rentrant à « Lendrevié-Basse », il avait garé sa voiture (une Renault 19 grise, garée devant la maison depuis dimanche , portières fermées, que les gendarmes ont fait enlever hier à midi et qui pourra peut-être fournir des indices importants) chez un voisin, comme une personne traquée qui voudrait brouiller les pistes. Ce voisin, le voyant dans un état de stress important, lui aurait conseillé d'aller à la gendarmerie. La nuit suivante, enfermé chez lui, le célibataire aurait été assailli. Qui a réussi à pénétrer dans la maison ? Combien étaient-ils à s'acharner sur « Blancou », à le frapper dans un déchaînement inouï de violence ? Avec quoi l'ont-ils frappé? Et surtout, pourquoi ? C'est à toutes ces questions que les gendarmes de Gaillac et de Toulouse vont s'efforcer de répondre dans les prochains jours. Pour mettre un nom et un visage sur le ou les auteurs de ce massacre.