Jawad jure de ne pas être membre de Daech : "J'ai accroché des posters de cul dans ma cellule"

"Je suis passé d'une vie normale à une vie d'enfer en une fraction de seconde" a écrit Jawad Bendaoud, le logeur de Saint-Denis dans une lettre longue de 18 pages adressée aux juges dans laquelle il clame son innocence et jure qu'il n'est pas membre de Daesh.
"Je n'ai pas demandé à être filmé par ce foutu cameraman, il m'a entendu dire aux policiers que j'étais le loueur de l'appartement, il a allumé sa caméra. Si j'avais su ce qu'aurait causé cet interview, je n'aurais jamais parlé" écrit-il.
"À aucun moment je n'ai senti une ambiance terroriste ou dangereuse dans la location de l'appartement. (...) Je suis conscient d'avoir hébergé les pires assassins que la France n'a jamais connus, mais à aucun moment je ne me suis associé, je n'ai vu de mes yeux des armes."
Il écrit n'avoir vu que cinq minutes Abdelhamid Abaaoud, le cerveau des attentats. Il ne connaissait pas son visage, jure-t-il. Et pour cause, Jawad aurait allumé pour la dernière fois sa télévision le 13 novembre au soir : "Je mangeais des lentilles au boeuf dans le salon avec mon père. À aucun moment le mot Belgique n'a été évoqué", assure-t-il.
Désespéré, Jawad tente même de convaincre les juges qu'il est tout sauf un bon musulman. Il explique avoir accroché des "posters de cul" aux murs de sa cellule. Il aurait même été surnommé "666" par ses codétenus.
"Je n'ai jamais prié, la dernière fois que j'ai prié, j'avais 16 ans et mon père en était la seule raison. Je n'ai jamais fréquenté une seule mosquée, je fais tout ce qu'un bon musulman ne fait pas" a précisé cet homme, déjà bien connu de la justice, notamment pour avoir tué un ado à coups de hachoir.